Tout ce temps est passé, déjà. Et pourtant il n'en a pas fait la moitié, de son temps. Il se décrit comme un vendeur de larmes, un avaleur de tristesse. Il est mélancolique, il est comme ça. Alors il marche, pour oublier qui il est, dit-il. Des malaises inconnus, des dégoûts non assumés. Ce matin, il retourne chez lui, cela fait des jours qu'il n'est pas revenu. Des jours ou des heures, pour lui c'est pareil, l'absence. Manque de chance, ce matin il pleut sur la ville endormie comme il pleut sur ses joues pâles. La parapluie est déplié, comme un espoir, il rêve d'un paradis, son utopie, peut-être un peu trop égoïste, il attend le jour des sourires. Il fait froid, de la buée sort des ses lèvres à chaque respiration. Là, un abri bus, il s'assoit mais pas de bus. De toute façon, il ne voulait pas le prendre. Ce serai un fuite trop simple. Malgré tout il veut s'évader, devenir un vrai vagabond, toucher le soleil et voler sur le dos d'un papillon. Qu'elle est loin l'époque des yeux rieurs, des chansons heureuses et des sourires pleins les dents.
Qu'elle est loin cette époque, ou peut-être pas. Elle était à ses pieds, il l'a écrasé. Maintenant, c'est trop tard.
Je fais parti de ces gens qui ont besoin d'aimer.